Voici une recette d’apéritif maison à base de racine de gentiane.
Si vous voulez récolter vous-même la racine, relisez bien le message précédent : « Attention aux confusions ».
D’autre part, il faut savoir qu’un pied de gentiane vit jusqu’à 50 ans, mais il met 10 ans pour fleurir la première fois !
Par conséquent, par sécurité et pour participer à la protection de la plante il est préférable d’acheter la racine en herboristerie, au lieu de l’arracher de son environnement. La récolte pour les herboristes est réalisée essentiellement dans le Massif Central par les Gençanaïres qui par expérience, arrivent à connaître l’âge d’un pied de gentiane et effectuent des roulements quant aux parcelles où ils récoltent. De plus ils sont soumis à des quotas de récolte de façon à respecter le renouvellement de la plante.

Pour ma part je profite du passage des bulldozers qui déracinent des pieds de gentiane pour récolter quelques morceaux de racines. Un tronçon de la taille d’un pouce me suffit amplement pour une année !
C'est rigolo, cette racine ressemble à un Toutou !Poids : 10 g (soit 3 à 4 bouteilles de vin de gentiane...). Largement suffisant pour une consommation modérée ! Vin de gentiane
2 à 3 grammes de racine de gentiane
1 bouteille de bon vin blanc sec (je prends en général un vin blanc du Jura)
½ verre d’alcool de fruit à 40°
18 morceaux de sucre
Nettoyer et brosser la racine, la découper en petits morceaux. Mettre à macérer la gentiane dans l’alcool de fruit pendant 2 jours. Ajouter le sucre et le vin blanc.
Après 10 jours, filtrer et mettre en bouteille.
A noter : si vous n'aimez pas le goût amer, ne testez pas cette recette !!!
Photo de Gentiane prise en juillet 2005 dans le Cantal (15)
Dans le message sur l’Achillée millefeuille je vous présentais ma récolte personnelle. Mais les plantes peuvent être aussi dangereuses que les champignons !
Ne récoltez que les plantes parfaitement identifiées : certaines confusions avec des plantes toxiques peuvent être fatales. C’est le cas de la confusion entre la Gentiane jaune et le Vératre blanc.
Ces deux plantes se rencontrent dans les pâturages, en montagne. Toutes deux sont des plantes herbacées vivaces, pouvant atteindre plus de 1 mètre de haut, avec de grandes feuilles lancéolées.
Voici comment les distinguer :
Gentiane jaune - Gentiana lutea L. - Gentianacées
Les feuilles sont opposées, largement lancéolées et glabres.
Les fleurs sont jaunes, groupées au niveau des feuilles.
La racine est unique et épaisse, pouvant atteindre 1 mètre de long et 2 à 6 cm de diamètre.
La racine de gentiane jaune est riche en principes amers grâce auxquels elle est apéritive, cholagogue et cholérétique. Elle stimule les fonctions digestives.
De nouvelles recherches universitaires en Suisse ont montré que les xanthones que renferme la racine ont une activité sur le système nerveux central en réduisant la réceptivité au stress et aux agressions de la vie moderne. Du reste la médecine traditionnelle indienne utilise depuis longtemps les gentianes pour traiter divers désordres mentaux comme la dépression et la mélancolie. Les xanthones sont responsables de la coloration jaune des drogues : tisane, teinture mère ou vins médicinaux.

La racine de gentiane est aussi utilisée en liquoristerie pour préparer des apéritifs à base de gentiane : Salers, Aveze, Suze…
Vératre blanc - Veratrum album L. – Liliacées

Les feuilles sont alternes, lancéolées, pubescentes en dessous.
Les fleurs sont blanc verdâtre, disposées en grappes denses.
La racine est un rhizome court, duquel partent de nombreuses racines adventives minces.
Cette plante possède de nombreux alcaloïdes toxiques, particulièrement abondants dans le rhizome. La confusion avec la gentiane jaune peut entraîner, selon la dose ingérée, des troubles digestifs, nerveux, cardiaques et respiratoires graves allant jusqu’à la mort. La dose mortelle étant de 1 à 2 g de rhizome. Cette plante fait partie des « belles vénéneuses ».
Le vératre blanc n’est utilisé qu’en homéopathie, du fait de sa grande toxicité. Photos de Vératre prises le 24 juillet 2009 en Lozère (48), celles de Gentiane en juillet 2005 dans le Cantal (15)
De belles graines, chargées d'espoir, offertes dans un bel écrin...
Fruit de Liliacées
Photo prise le 22 juillet 2009, en Lozère (48).
Et oui ! Une fois n'est pas coutume, je vous invite à regarder la TV...
Je viens de voir cette brève : "Arte diffuse trois documentaires sur Christian Holl, chasseur de son et musicien de la nature : en France il enregistre le chant de la vigne, à Madagascar il donne un concert sur liane et écoute l'âme sonore des baobabs... "
Un passionné de nature... Hop, vive la technologie, je vais voir sur le Net ce que fait cet homme...
Présentation :
Empreintes sonores, les 12, 13 et 14 octobre à 20h, sur Arte. La semaine prochaine, je sais ce que je ferai le soir à 20h... Même si sur le site d'Arte la programmation semble un peu moins axée sur le végétal que ce que j'ai lu...
A découvrir la semaine prochaine !
Aujourd’hui mon compteur de visite sur mon blog est passé à 1000 ! Et pour fêter cela j’ai invité l’Achillée millefeuille...
Achillée millefeuille - Achillea millefollium L. -Astéracées.
C’est une plante très commune, parfois considérée comme une : « mauvaise herbe ».
La plante tire son nom d’une légende voulant que, vers 1200 avant notre ère, Achille, sur les conseils des Centaures, l'ait utilisée pour soigner les guerriers blessés. « Millefeuille » lui vient de ce que sa feuille est très finement découpée et donne l'impression qu'il y en a mille là où il n'y en a en réalité qu'une seule.
Les fleurs sont souvent blanches, mais, selon la nature du terrain où elles poussent, peuvent être roses voire pourpres.

L’Achillée millefeuille possède plusieurs noms vernaculaires : c’est une des nombreuses « herbe de la Saint-Jean » (tout comme le millepertuis, la mélisse...), herbe de Saint-Joseph, herbe à dinde, herbe au charpentier, aux cochers, aux militaires, herbe aux coupures, saigne-nez, sourcil de Vénus… Toutes ces appellations témoignent du grand intérêt que suscite cette plante ! Et cela depuis des millénaires ! Elle était déjà utilisée à la préhistoire, comme le montrent les recherches archéologiques faites à Shanidar, en Irak. Les hommes de Neandertal semblaient avoir une pharmacie rudimentaire basée sur les plantes, et l'une des six plantes identifiées au moyen des grains de pollen trouvés sur ce gisement était… une achillée !… Le grec Dioscoride (Ier siècle) fut le premier à mentionner le millefeuille comme une plante incomparable pour traiter les plaies saignantes ainsi que les ulcères anciens ou récents.
Jusqu'au XIXe siècle, l’achillée a été utilisée pour accélérer la cicatrisation.
Actuellement c’est pour ses propriétés antispasmodique, emménagogue, peptique et cicatrisante qu’on l’utilise.
Mais c'est peut-être pour les femmes souffrant à la fois de règles douloureuses et de troubles digestifs durant les menstruations que l'achillée est la plus utile. Il est rare, en effet, qu'un médicament soigne à la fois les problèmes de la sphère génitale et ceux de la sphère digestive avec une telle efficacité. Elle calme rapidement l'inflammation, de même que cette impression détestable que l'utérus et les intestins se livrent une concurrence féroce pour capter et retenir toute l'attention de leur propriétaire légitime !
On peut récolter les parties aériennes et les fleurs durant toute la période de floraison : de la Saint Jean jusqu’à l’automne.
Voici une partie de ma récolte :
L'infusion se prépare à raison de 30 grammes par litre d'eau. On en prendra 3 tasses par jour, entre les repas. On l’utilise aussi sous forme de teinture, préparation pharmaceutique où l'action dissolvante de l'alcool permet l'extraction de substances actives.
En cosmétique, c’est un précieux adoucissant des affections locales de la peau. Son infusion cicatrise et calme les démangeaisons des blessures (écorchures, crevasses, piqûres d’insectes, gerçures, ulcères, hémorroïdes, etc.)
En cuisine, l’achillée millefeuille parfume agréablement les fromages blancs aux herbes ou les salades. N’hésitez pas à utiliser les feuilles bien sûr, mais aussi les fleurs.
Une recette sortie de mon grimoire... (Cliquez dessus pour l'agrandir et pouvoir la recopier)

L'huile essentielle d'achillée millefeuille a une puissante action anti-inflammatoire. Elle est aussi cicatrisante et hémostatique (petites coupures, après-rasage). Son usage est strictement interdit aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux jeunes enfants et aux sujets épileptiques. De plus, cette HE étant particulièrement puissante, il faut réserver son usage en externe.
Pour la petite histoire, on peut aussi signaler que l’Achillée millefeuille est à l'origine du Yi Jing. (Le Livre des changements). Traditionnellement, depuis plus de deux millénaires, des millions de Chinois utilisent, pour interroger l'oracle, 50 tiges d'achillée millefeuille, par un savant et répétitif système de calculs avec les tiges. Ce procédé est censé favoriser le vide intérieur, la concentration sur la question posée et une certaine « adéquation à l'instant ». Cette technique divinatoire se nomme l'achilléomancie.

Dans le langage des fleurs, un brin d'achillée millefeuille est un vœu de guérison et de soulagement. Photos prises le 19 juillet 2009 en Lozère (48) et en juillet 2005 dans le Cantal (15).
Pour faire écho au blog FABULO où un arbre dévore un panneau...
Cet arbre ci refuse de se laisser enchainer !
Photo prise le 28 juillet 2009, en forêt de Saint-Chartier (36).