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mardi 13 octobre 2009

Vin de gentiane

Voici une recette d’apéritif maison à base de racine de gentiane.

Si vous voulez récolter vous-même la racine, relisez bien le message précédent : « Attention aux confusions ».

D’autre part, il faut savoir qu’un pied de gentiane vit jusqu’à 50 ans, mais il met 10 ans pour fleurir la première fois !

Par conséquent, par sécurité et pour participer à la protection de la plante il est préférable d’acheter la racine en herboristerie, au lieu de l’arracher de son environnement. La récolte pour les herboristes est réalisée essentiellement dans le Massif Central par les Gençanaïres qui par expérience, arrivent à connaître l’âge d’un pied de gentiane et effectuent des roulements quant aux parcelles où ils récoltent. De plus ils sont soumis à des quotas de récolte de façon à respecter le renouvellement de la plante.


















Pour ma part je profite du passage des bulldozers qui déracinent des pieds de gentiane pour récolter quelques morceaux de racines. Un tronçon de la taille d’un pouce me suffit amplement pour une année !




C'est rigolo, cette racine ressemble à un Toutou !





Poids : 10 g (soit 3 à 4 bouteilles de vin de gentiane...). Largement suffisant pour une consommation modérée !

Vin de gentiane

2 à 3 grammes de racine de gentiane
1 bouteille de bon vin blanc sec (je prends en général un vin blanc du Jura)
½ verre d’alcool de fruit à 40°
18 morceaux de sucre

Nettoyer et brosser la racine, la découper en petits morceaux. Mettre à macérer la gentiane dans l’alcool de fruit pendant 2 jours. Ajouter le sucre et le vin blanc.
Après 10 jours, filtrer et mettre en bouteille.

A noter : si vous n'aimez pas le goût amer, ne testez pas cette recette !!!

Photo de Gentiane prise en juillet 2005 dans le Cantal (15)

lundi 12 octobre 2009

Attention aux confusions

Dans le message sur l’Achillée millefeuille je vous présentais ma récolte personnelle. Mais les plantes peuvent être aussi dangereuses que les champignons !
Ne récoltez que les plantes parfaitement identifiées : certaines confusions avec des plantes toxiques peuvent être fatales. C’est le cas de la confusion entre la Gentiane jaune et le Vératre blanc.

Ces deux plantes se rencontrent dans les pâturages, en montagne. Toutes deux sont des plantes herbacées vivaces, pouvant atteindre plus de 1 mètre de haut, avec de grandes feuilles lancéolées.

Voici comment les distinguer :


Gentiane jaune - Gentiana lutea L. - Gentianacées













Les feuilles sont opposées, largement lancéolées et glabres.
Les fleurs sont jaunes, groupées au niveau des feuilles.


















La racine est unique et épaisse, pouvant atteindre 1 mètre de long et 2 à 6 cm de diamètre.

La racine de gentiane jaune est riche en principes amers grâce auxquels elle est apéritive, cholagogue et cholérétique. Elle stimule les fonctions digestives.

De nouvelles recherches universitaires en Suisse ont montré que les xanthones que renferme la racine ont une activité sur le système nerveux central en réduisant la réceptivité au stress et aux agressions de la vie moderne. Du reste la médecine traditionnelle indienne utilise depuis longtemps les gentianes pour traiter divers désordres mentaux comme la dépression et la mélancolie. Les xanthones sont responsables de la coloration jaune des drogues : tisane, teinture mère ou vins médicinaux.


















La racine de gentiane est aussi utilisée en liquoristerie pour préparer des apéritifs à base de gentiane : Salers, Aveze, Suze…

Vératre blanc - Veratrum album L. – Liliacées














Les feuilles sont alternes, lancéolées, pubescentes en dessous.


















Les fleurs sont blanc verdâtre, disposées en grappes denses.













La racine est un rhizome court, duquel partent de nombreuses racines adventives minces.

Cette plante possède de nombreux alcaloïdes toxiques, particulièrement abondants dans le rhizome. La confusion avec la gentiane jaune peut entraîner, selon la dose ingérée, des troubles digestifs, nerveux, cardiaques et respiratoires graves allant jusqu’à la mort.
La dose mortelle étant de 1 à 2 g de rhizome. Cette plante fait partie des « belles vénéneuses ».


















Le vératre blanc n’est utilisé qu’en homéopathie, du fait de sa grande toxicité.


Photos de Vératre prises le 24 juillet 2009 en Lozère (48), celles de Gentiane en juillet 2005 dans le Cantal (15)