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samedi 5 mars 2016

C'est comment dans un bourgeon ?

"Dis Mamie, c'est comment dans un bourgeon ?"
Une belle occasion d'aller voir de près !
Direction le bois : on trouve quelques beaux bourgeons de marronnier et de retour à la maison on sort la loupe.

Les bourgeons avant d'être disséqués.

Bourgeon de marronnier
Marronnier commun - Aesculus hippocastanum L. - Sapindacées -                            Bourgeon de fleurs
 A la base de ce bourgeon on voit une belle cicatrice foliaire laissée par la feuille de l'an passé. Le bourgeon à fleurs est plus gros et plus rond que le bourgeon à feuilles.

Bourgeon de marronnier
Marronnier commun - Aesculus hippocastanum L. - Sapindacées -                         Bourgeon de feuilles
 Ces bourgeons poissent. Ils sont couverts de propolis, ce qui les rend brillants.


Un petit coup de sécateur dans le sens de la longueur d'un bourgeon à feuilles, pour voir comment c'est dedans...

Bourgeon de marronnier - coupe longitudinale
Bourgeon de marronnier - coupe longitudinale
Autour il y a des écailles marrons, dures. Et à l'intérieur on dirait qu'il y a du coton ;o) C'est ce qu'on appelle la bourre. Quand les bourgeons s'ouvrent on dit qu'ils débourrent.
Si on regarde bien, entre les poils blancs on voit les futures feuilles, déjà vert pâle.
Mais surtout, à la base on voit comme un petit cône. C'est la future branche. A la pointe de ce cône se trouvent des "super cellules" qui forment ce qu'on appelle le méristème. Ces cellules se multiplient très vite et ensuite se différencient soit en cellule de tige, soit en cellule d'écorce, soit en cellule de feuilles, soit en cellule de nervure... ce qui va permettre à l'arbre de grandir en ajoutant de nouvelles branches et de nouvelles feuilles au bout des branches qui sont déjà là. Et dès que le bourgeon débourre, ça va très vite !


Ensuite, on a coupé un autre bourgeon dans l'autre sens, pour faire une coupe transversale. Et là, ouahhh !
On voit toutes les petites feuilles bien rangées, bien serrées l'une contre l'autre et protégées par la bourre.

Bourgeon de marronnier - coupe transversale

Les écailles autour sont imperméables. C'est comme un ciré breton. Et la bourre ça tient chaud comme le pull en laine des marins. Avec cette double protection les bourgeons sont parés pour braver les intempéries de l'hiver comme le marin breton !

Et regardez ce que ça va donner d'ici 2 ou 3 semaines. Tout cela va sortir d'un seul bourgeon comme le premier qu'on a photographié. C'est magique, non ?

Marronnier commun - Aesculus hippocastanum L. - Sapindacées - Jeune pousse avec fleurs

Les bourgeons sont les boites à trésor des arbres. Ce sont eux qui ont pour mission de garder au chaud et à l'abri des maladies tout ce qui est nécessaire pour fabriquer des feuilles et des fleurs dès que les jours rallongent et qu'il fait plus chaud, au printemps. Mission de la plus haute importance !

Merci aux bourgeons que nous avons sacrifiés pour faire ces photos :(

Bourgeons  : photos prises le 5 mars 2016.
Jeune pousse : photo prise le 28 mars 2012 à l'arboretum de l'école Du Breuil dans le bois de Vincennes (75).

dimanche 22 mars 2009

Propolis

Je profite du printemps et particulièrement de cette photo de bourgeon de peuplier pour vous parler de la Propolis. Vous allez bientôt comprendre pourquoi…











Peuplier de Berlin - Populus x berolinensis- Salicacées

C’est quoi la Propolis ?

La propolis est un ensemble de substances résineuses, gommeuses et balsamiques récoltées par les abeilles sur les bourgeons de certains arbres. C’est une sorte de résine. Les principales essences produisant de la propolis sont des conifères (écorce des pins, sapins, épicéas) et les bourgeons de plusieurs espèces d'aulnes, de saules, de bouleaux, de prunier, de frênes, de chênes, d'ormes, de marronnier d'Inde et de peupliers (qui semblent être la source la plus importante). Observez bien la photo du bourgeon de peuplier : on voit de petite gouttes de propolis ! Quant à ce bourgeon de marronnier, il est tout luisant car il couvert de propolis.









Marronnier d'Inde - Aesculus hippocastanum L. - Hippocastanacées

Les arbres produisent ces substances, notamment pour assurer la protection du bourgeon pendant l’hiver. La propolis a un rôle de protection contre les moisissures, les mycoses, les bactéries, les insectes mais aussi un rôle d’isolation vis-à-vis du froid et de l’humidité.

Rôle dans la ruche

Les abeilles récoltent la propolis car c’est un produit très précieux pour la ruche : en tapissant ses parois de propolis, les abeilles créent dans la ruche un environnement défavorable au développement des micro-organismes. Cette matière permet aussi de colmater les fissures de la ruche et d'en fixer les parties mobiles. L’ouverture, nommée le « trou d’envol », qui se trouve à l’entrée de la ruche, est constamment ajustée et remodelée à l’aide de propolis afin d’adapter ses dimensions et son orientation en fonction des conditions climatiques.

La propolis est également utilisée pour embaumer le corps des prédateurs gourmands de miel (Sphynx à Tête de Mort, petits rongeurs…) tués par les abeilles et qu'elles ne peuvent pas évacuer compte tenu de leur poids. Leur putréfaction, source de maladies, est ainsi évitée.
Les cellules de cire dans lesquelles la reine va déposer ses œufs sont elles aussi tapissées d'une pellicule de propolis qui forme un milieu stérile pour le développement harmonieux de l'œuf.
En conclusion, la propolis assure la santé de l'abeille.

Récolte de la propolis par l’apiculteur

Une colonie d’abeille produit entre 100 et 300 g de propolis par an. Le travail de récolte est donc souvent fastidieux et les opérations de purification très délicates.

Pour séparer la propolis de la cire, il suffit de faire chauffer à 70°C l'ensemble dans de l'eau. La cire fondant à 68°C, elle va remonter à la surface de la solution.

Ensuite, on peut diluer la propolis dans l'alcool, ou la garder sous forme de pâte.

Composition

La propolis recueillie dans la ruche est constituée globalement de :

  • résines et baumes : 50 à 55 %
  • cire : 30 à 40 %
  • huiles volatiles ou essentielles : 5 à 10 %
  • pollen : 5 %
  • matières diverses : 5 %
La propolis contient également beaucoup d’autres éléments comme des acides organiques, de très nombreux flavonoïdes, des oligo-éléments, de nombreuses vitamines.

La propolis la plus puissante est celle qui est récoltée librement par le peuple des abeilles dans une ruche non traitée et dans un environnement préservé.

Son histoire

Les grecs avaient constaté que certaines races d'abeilles réduisaient l'entrée de la ruche avec cette résine végétale pour défendre leur colonie. Ils l'appelèrent « pro-polis » qui signifie « en avant de la cité ».
Le mot propolis viendrait aussi du verbe latin «propolire » qui signifie « enduire ». En effet, l'abeille enduit l’intérieur de son habitat de cette résine pour se protéger des agressions microbiennes.
Beaucoup moins connue que le miel, la propolis a pourtant été découverte et utilisée dés l'Antiquité. Aristote la considérait déjà comme un «remède aux affections de la peau, plaies et suppurations». Les prêtres égyptiens l'utilisaient traditionnellement depuis 6000 ans pour la momification des cadavres.

A Rome, la Propolis se vendait plus chère que le miel. Chaque légionnaire en possédait un morceau au moment des campagnes militaires. Pline disait qu'elle retirait les aiguillons, réduisait les enflures... diminuait les douleurs nerveuses, guérissait les ulcères, les abcès et les furoncles...
En France, au 18ème siècle, elle est utilisée comme drogue pour les plaies.
Sa popularité va augmenter au début de notre siècle car elle sera utilisée de façon presque exclusive pour guérir les plaies des blessés lors de la guerre des Boers.
Pendant la deuxième guerre mondiale, les cliniques soviétiques l'utilisaient couramment avec succès.
Des recherches et de nombreuses études ont été réalisées depuis une trentaine d'années et des résultats plus que satisfaisants ont retenu l'intérêt du monde scientifique.

Signalons par ailleurs que la propolis entrait dans la composition du vernis utilisé par le célèbre luthier Stradivarius.

Propriétés médicinales

La propolis brute ou sous forme de teinture-mère est un très puissant anti-infectieux (antifongique, antiseptique, antibiotique). Elle a de plus un pouvoir anesthésique, cicatrisant et anti-inflammatoire et augmente le métabolisme cellulaire. Elle a également des propriétés anti-oxydantes.

Principaux usages médicinaux

En usage interne, la propolis est utilisée sous forme de teinture-mère en oto-rhino-laryngologie contre les extinctions de voix, les enrouements, les angines, la toux, les rhumes, les bronchites, les pharyngites, les otites et les sinusites. Sous cette même forme, on l'emploie en stomatologie (stomatite, gingivites et infections dentaires). Enfin, en usage externe, on l'emploie en dermatologie pour assainir et cicatriser les plaies, les mycoses et autres problèmes cutanés.

Précautions et interactions

La propolis ne doit pas être utilisée en cas d'allergie reconnue aux produits de la ruche. Ne pas utiliser pendant plus de deux ou trois semaines consécutives. Il existerait un risque d'allergie croisée en cas de réaction au baume du tigre ou au peuplier baumier. Aucune autre interaction n'a été relevée. D'une manière générale, la propolis n'est toxique ni en pathologie humaine ni animale.

Conclusion

Protection du bourgeon de l'arbre, puis protection de la ruche, et enfin, protection de l'Homme, la propolis joue un rôle immense dans la Nature par ses vertus innombrables...
Photos prises le 15 et le 21 mars 2009 dans le bois de Vincennes (94)